À Tergnier, dans les salles encore fermées au public, le musée départemental est loin d’être à l’arrêt. Bien au contraire, depuis plusieurs mois, une véritable ruche s’active pour préparer la réouverture de ce lieu de mémoire, engagé dans une profonde transformation portée par le Département de l’Aisne. L’ambition est claire : faire de cet établissement un musée d’histoire contemporaine moderne, capable de transmettre aux nouvelles générations les valeurs de la Résistance et de la Déportation.
Des mains expertes pour révéler les objets
C’est au Centre des Archives et Bibliothèque départementales de l’Aisne (CABA), où sont conservées les collections appartenant au Département de l’Aisne, que chaque objet du futur parcours est conservé et passe entre les mains des spécialistes.
La société Version Bronze conçoit actuellement les socles qui accueilleront les objets du musée sous l’œil attentif des responsables des collections départementales. Un travail d’orfèvre, totalement invisible pour les visiteurs, mais essentiel.
En effet, pour les socleurs, il n’existe pas de solution standard : chaque pièce impose ses contraintes, qu’il s’agisse de son poids, de sa fragilité ou de sa forme. Ils imaginent et fabriquent alors des supports sur mesure, pensés pour protéger les objets tout en les mettant en valeur.
Des mannequins sur-mesure sont aussi créés par les équipes afin de valoriser les pièces de textile des collections telles que les uniformes de soldats, blouson d’aviateur ou les tenues de déportés.
Peu à peu, ce patient travail donne corps à une scénographie renouvelée, où près de 300 objets reprendront place (sur une collection totale d’environ 1 000 à 1 200 objets), dont une grande partie présentée sur ces supports spécialement conçus.
Un avion Beechcraft et un wagon sous haute attention
Sur le site du musée, d’autres gestes tout aussi précis se déroulent autour de deux pièces emblématiques qui n’ont pas quitté Tergnier pour les travaux : un avion Beechcraft C45 et un wagon SNCF.
Avant cette intervention, les équipes externes de conservateurs-restaurateurs du Patrimoine ont d’abord réalisé un diagnostic afin d’évaluer l’état des métaux et des peintures. Ils procèdent ensuite à leur nettoyage pour éliminer les mousses, lichens et autres dépôts accumulés au fil des années. Un travail patient, réalisé avec précaution, pour préserver la matière tout en redonnant lisibilité à ces pièces historiques.
À la suite de ce nettoyage, des solutions seront proposées par les experts afin de restaurer le wagon SNCF ainsi que le beechcraft C45, un des 3 derniers encore existants en Europe.
Un parcours de visite entièrement repensé
Pendant que les objets présents à l’extérieur du musée sont nettoyés, un autre chantier avance à grand pas : celui du parcours de l’exposition permanente.
Pensé comme une immersion, il guidera les visiteurs à travers les grandes étapes de la Seconde Guerre mondiale, en mêlant repères historiques et récits individuels. Résistance, répression, déportation, libération : autant de séquences qui s’entrelacent pour donner à comprendre une histoire à la fois locale et universelle.
Les éléments du parcours, cloisons, plafonds tendus, vitrines, ainsi que les totems à l’effigie des Résistants apparaissent peu à peu depuis quelques semaines.
Après plusieurs années de travaux, le musée entre donc dans sa dernière ligne droite avec bientôt le retour des collections et les dernières finitions avant l’ouverture au grand public prévue en septembre 2026.